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Rufisque, une grande ville rangée aux oubliettes

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Quand on entend le nom de Rufisque, on pense à une grande ville. Une ville historique, culturelle, politique, économique ou sportive. L’une des 4 communes durant la colonisation, point stratégique du Sénégal.

Malheureusement, depuis le départ des colons, ses fils n’ont pas réussi à la hisser vers le sommet.
Une ville historique qui n’a aucune infrastructure à part les bâtiments des colons où nous pouvons apprendre son histoire. Ville culturelle qui n’a aucune infrastructure où on peut valoriser sa culture , aucun musée ou ballet ni ensembles lyriques. Une ville politique qui ne voit jamais ses autorités locales, maires , députés ou conseillers départementaux défendre ses intérêts.
Rufisque, une grande ville par son nom mais une localité qui manque de tout. Chaque régime profite de ses populations mais en retour elle n’y gagne rien. Le régime actuel a remporté largement les suffrages lors des dernières élections locales comme présidentielles. Mais n’empêche l’État ignore toujours la ville dans ses programmes.
Depuis notre enfance , nous entendons ” Tenguedj deuk bu saleté “. Une appellation péjorative qui montre à quel point nous avons toujours cohabité avec des autorités locales incapables et sans vision.
Des maires, des députés ou conseillers départementaux qu’on ne voit qu’à l’approche des élections avec leur fameux social qui ressemble à une corruption passive.
Rufisque, une grande ville trop sale. La canalisation, l’assainissement font défaut. De ce faite, les riverains sont obligés de déverser les eaux usées dehors. Sans compter la nappe phréatique… Des canaux à ciel ouvert devenus des dépotoirs d’ordures vu que les municipalités ont démissionné de leurs responsabilités. Une ville sale malgré son service d’hygiène qui manque de personnel et de moyens pour atteindre ses objectifs.
Aucun quartier ne dispose de routes secondaires bitumées ou pavées en bon état et praticables. Durant l’hivernage c’est tout un problème pour se déplacer en véhicule.
Rufisque, une grande ville où le commissariat de police tarde à se doter d’un local digne de nom. Les GMI sont logés au Cdeps dénaturé qui a finalement perdu son essence. Un cdeps oublié par les autorités et qui n’attire plus les jeunesses qui oublient même son existence.
Rufisque, une grande ville où l’éclairage public dépend des humeurs des politiques. Les zones qui leur sont favorables peuvent bénéficier des lampadaires. Rufisque du TER où ses bureaux sont éclairés et sécurisés au même moment aucune lampe n’est prévue pour les passerelles que les passagers utilisent dans l’obscurité dès 20h.
Rufisque , une grande ville qui n’a aucune structure sanitaire digne de nom. Un hôpital qui ressemble à un centre de santé. Un hôpital plus malade que les patients. À part l’arrogance et le retard de certains agents , y’a pas grandes choses dans ces structures. Un hôpital qui ne rassure plus les populations.
Le “dispensaire Guedji ” est plus rassurant et sollicité par rapport à l’hôpital youssou mbargane. Rufisque avec ses maternités qui n’existent que de nom.
Rufisque, une grande ville qui n’a aucune infrastructure sportive digne de nom. Un stade de foot qui ne répond pas au standard international malgré ses éternelles réfections. Chaque discipline sportive de la ville souffre et manque de moyens et de local. Les autorités locales n’ont aucune politique sportive, sans compter l’indifférence de ses joueurs professionnels qui n’ont pas la mentalité d’investir sur le plan sportif.
Rufisque, une grande ville qui accueille de très grandes industries qui ne servent pas grandes choses à la ville. Des industries, leaders dans la sous-région qui sont fortes quand il s’agit de donner des miettes aux mouvements de jeunesses chasseurs de primes. Au nom de la RSE , ces industries peuvent construire des routes, écoles , postes de santé, centres culturels ou sportifs. Mais à part la pollution de l’environnement et l’exploitation de nos jeunes , les populations ne sentent pas leur existence. Vu leurs chiffres d’affaires , ces industries ne méritent aucune exonération fiscale. Et la patente doit être rehaussée et versée à la ville.
Rufisque, une grande ville avec de cinquantaines de mouvements de jeunesses qui ont dénaturé l’engagement citoyen qu’ils limitent au nettoiement d’un coin ou à la distribution d’alimentation. Un engagement qui n’exige plus aux autorités à servir la localité avec l’argent des contribuables. Comme si nous payons des impôts et taxes pour assurer la belle vie aux dirigeants et à leurs familles.
Des mouvements endormis par les privilèges et les encouragements des politiques responsables du retard de la ville.
Voici une Rufisque qui manque de tout. Une Rufisque qui peine à décoller. Une Rufisque qui ne connait plus de nouvelles grandes réalisations. Notre chère Rufisque.
papediouf

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